
Cette semaine-là, les vacances de ski à Bettmeralp avaient démarré sous un ciel peu prometteur. La veille, la neige était tombée en abondance, et le lendemain, le ciel n'avait toujours pas tranché — gris, lourd, indécis.
Au sommet du Bettmerhorn, l'atmosphère était étrange, hors du temps. Au nord-est, les nuages s'amoncelaient, denses et sombres, comme une menace suspendue. À l'ouest, quelques percées lumineuses tentaient timidement de s'imposer. Le ciel semblait se battre avec lui-même.
Je commence la descente. À peine quelques dizaines de mètres plus bas, je m'arrête net.
La neige fraîche s'étendait à perte de vue, intacte, silencieuse. Et là, au centre de ce décor tourmenté, un sapin solitaire, plié sous le poids de la neige, à moitié englouti. Il y avait dans cette image quelque chose d'improbable — ce petit arbre face à l'immensité blanche et à ce ciel chargé de colère. La scène avait quelque chose d'irréel, de presque cinématographique.
J'ai déclenché frénétiquement, comme si j'avais peur que tout disparaisse — le sapin, la lumière, ce moment improbable.
La photo était dans le boîtier. Et je savais déjà, à cet instant précis, que ma journée était une réussite — du moins côté photo.
📅 31.01.2021 10:35
📍Bettmerhorn | VS
📷Fujifilm X-T4 | 24-120 ƒ/4
◯ ƒ/8 | 1/1250 s | 120mm | ISO 160